Alors que la tournée en Russie continue, Jona a décidé de repartir de zéro pour son journal de tournée. On efface tout et on recommence ! Jona nous décris son périple plus précisément et nous offre en exclu quelques photos prises par le photographe de la tournée.
Avant de vous laisser lire la suite, à noter que The Ocean a diffusé pas mal de super vidéos : un live intégral au club Plan B, un clip live officiel de She Was The Universe et une vidéo de tournée. Vous les retrouverai toutes dans la partie vidéo (multimedia > vidéo) dans « live » et « Behind the stage » (pour la vidéo de tournée).
JOUR 1 – Arrivée à St-Petersbourg
Donc comme je l’avais déjà écris, à notre arrivée à Saint-Petersbourg, nous avons retrouvés nos potes suédois de EF. Avant même qu’on évoque un éventuel souper, nous voilà déjà à l’apéro à évoquer les souvenirs de notre tournée scandinave en 2010, mais aussi à prendre des nouvelles sur l’actualité et les récents voyages de nos groupes respectifs.
Sur le deuxième cliché, notre première rencontre avec un poivrot Russe. Le genre qui te fait des phrases de 5 minutes où tu piges rien mais finis par rigoler tellement c’est ridicule. Il nous collera au cul une bonne demi-heure, voir plus. Je pense qu’il nous a salué et serré la main au moins 40 fois chacun avant d’éventuellement décider d’aller s’effondrer… Je ne sais où.
Alors que la soirée était bien entamée et que personnellement je considérais gentiment mon taux d’alcoolémie suffisant pour aller me coucher… HOP !! Une petite équipe de français débarque ! GENERAL LEE, excellent groupe qui se produira le lendemain avec nous et EF. Ils revenaient d’un karaoké en ville, bien ivres aussi et du coup on en a remis une couche.
Vue depuis l’hôtel, sur la rivière Nevad qui est évidemment gelée. Rien de plus sexy pour s’endormir.

JOUR 2 – Show à St-Petersburg
La salle est littéralement collée à l’hôtel. On s’y rend pour un soundcheck relativement matinal (11 h), après un petit déj Russe qui n’aura pas enchanté les troupes. Pas pire, mais bon… Le sujet de la nourriture risque d’être un sujet récurrent… La salle est immense, beaucoup trop grande pour nous mais finalement, il y aura pas mal de monde… Rien d’exceptionnel ce soir là, c’est un premier show, donc on est un peu coincés du cul et étonnamment, le public l’est également…
Une petite tof bien EVIL de ce navire de guerre coincé par la Nevad gelé.
Notre compartiment pour 4 personnes dans le train de nuit nous amenant à Moscou. Ici l’équipe des non-ronfleurs, à savoir Loïc, Robin, Lukas et moi. Et là, c’est encore deluxe ! Puisque le wagon d’à côté, qu’ils appellent « car platz » ou qqch comme ça, est en fait un wagon avec 30 ou 40 couchettes, sans rideau, sans porte ou compartiment. D’après certaines personnes rencontrées, c’est le genre de wagon où les gens s’échangent leurs nourritures et se saoulent comme des porcs à la vodka. C’est beau l’esprit de communauté.

JOUR 3 – Moscou
Arrivée à Moscou après une nuit dans le train où la température est de minimum 29° (c’est écrit sur des panneaux) et du coup, comme dans ce train on ne pouvait pas ouvrir la fenêtre… C’était un tout petit peu étouffant et pas tout-à-fait agréable comme nuit.
Malgré notre emploi du temps hyper serré, on a pu faire du tourisme ULTRA express : Kremlin, place rouge, mozolé de Lénine, église qui ressemble à des bonbons Walt Disney. Dépaysant et surtout, c’est quand même rigolo de voir tout ça de ses propres yeux !

Le show de Moscou est un des meilleurs qu’on ait joué. Le club est plein, les gens connaissent les paroles, ça bouge à fond… Avant le show, il y a même une petite équipe de fans qui nous ont apporté un gâteau fait-maison avec le nom du groupe et tout… Ce soir, nous allons découvrir de quoi sera fait notre quotidien en matière d’after shows : signer des trucs ou parties de corps en tout genre et prendre des photos, encore et encore… De ce point de vue là, c’est un peu similaire à la Chine… Les gens ont cette espèce de « Fanitude » TOTALE. Je ne comprends pas, n’adhère pas nécessairement mais que faire ? On est heureux d’être là, c’est bien grâce à eux, donc je pense que c’est important de passer au dessus de certains principes, juste être agréable avec tout le monde et jouer le jeu.
La suite de la nuit se fera dans un club appelé « Propaganda », duquel on partira pour aller se faire refouler dans un autre club, pour finalement retourner au Propaganda et danser toute la nuit sur de la techno dance russe dégueulasse.

JOUR 4 – Nizhniy Novgorod
Le jour d’avant, nous faisions la rencontre de notre « maison » pour cette tournée : un magnifique van VW immatriculé en Biélorussie, patrie de la dernière date océanique de cette tournée.
Ce fut aussi l’occasion de rencontre son propriétaire et notre chauffeur « Yvan ». Un grand gaillard ne parlant pas un mot d’anglais, fan du demi-tour dans n’importe quelles conditions et guerrier de la route quand il s’agit de conduire 16 h d’affilés avec une heure de pause seulement. Au fur et à mesure de la tournée, tout le monde s’y attachera et ce, malgré la barrière du langage… En fait non, ce qui se passe c’est que, lui, parle en russe et nous, en français. On ne sait jamais bien ce qu’on se dit mais on finit toujours par faire des shots OU fumer une cigarette… Sur la même photo, les deux mecs à gauche sont un autre Yvan et Andrei. Tous deux bossent pour l’agence de Booking qui a organisé la tournée. Le premier nous suivra en tant que tour-manager jusqu’à la date de Samara.


Ahhhhh enfin, me direz-vous ! Enfin les paysages auxquels on s’attendait tous ! J’ai beaucoup apprécié mon temps en Russie, mais c’est quand même pas très joli… Sur cette première photo encore, il y a des arbres… Mais sinon, c’est relativement glauque, gris, désertique voir radioactif par moment. Mentionnons que les routes ne sont pas entretenus DU TOUT et, vu ce qu’il gèle, les nids de poules font parfois juste se retourner des voitures ou des camions… Donc, pour Yvan, c’est un peu du rallye car il est tout le temps en train d’essayer d’éviter des gigas trous. Pour nous, c’est le test du « quand vais-je dégueuler ? ». Ne parlons pas non plus des autoroutes inexistantes, des dépassements à contresens de 5 camions alors qu’il y en a 3 qui arrivent en face… folklorique !

Petit arrêt pipi et première rencontre avec un animal radioactif. on soupçonnerait presque un chien normal mais je vous jure que je l’ai entendu parler ! Le seul toilette disponible de la station par -20°, c’est la jolie cabine bleue que vous voyez en arrière plan. Sympa.
Système de fixation de projecteurs russes. Trois tables et du scotch !
Le club est en fait plus une boîte de nuit. Malgré ça et le fait que nous sommes samedi soir, le show doit être terminé à 21 h !!!! A 21 h 13 tous les gens (les 30 perosnnes qui étaient là…) sont mises dehors et c’est la fin de la soirée… Probablement le show avec le moins d’intérêt de toute la tournée pour sûr, un des samedis soirs les plus nuls de mon existence.
JOUR 5 – Kazan
En route pour Kazan, première ville musulmane que nous visitons en Russie. Comme vous pouvez le constater sur les 3 premières photos, de magnifiques paysages post-nucleo-apocalyptiques.
La petite échope de l’alcoolisme
Ce soir, peu de monde de nouveau, mais un public déchaîné. C’est pour ça que j’apprécie tant de jouer dans de tels pays, comme la Chine, la majeur partie des pays d’Europe de l’est, et ici la Russie qui semble être pareille… Si le club n’est pas incroyable, le sonlier est une catastrophe (comme ça arrivera plusieurs fois pendant cette tournée…). Dans la loge (qui est en fait le bureau…), un petit vieux tente la communication avec moi, avant de m’échanger son whisky sec contre ma bière. Puis, il me fait comprendre que normalement, il bosse comme ingé-son et m’amène dans une petite pièce derrière, où il me sort tout du pire matos, console, micros, vieux amplis… La barrière linguistique a fait que j’ai jamais compris pourquoi ce n’est pas lui qui faisait le son et pourquoi on utilisait pas son matos… Bref, vu la quantité de whisky qu’il a partagé avec moi, j’imagine qu’il a bien kiffé le show…
Comme après chaque show, c’est l’euphorie et on se fait assaillir de tous les côtés. Petite note : le type avec un t-shirt Precambrian qui ressemblait à un ado metalleux semi-attardé, nous a quand même confié dans son ivresse alcolémique qu’il était pilote d’avion… Ce qui me rassurait encore plus sur notre prochain vol interne que j’appréhendais déjà tellement.
Ici, un kiosque à tabac de nuit, même taille que n’importe où ailleurs sauf que pour intéragir avec la vendeuse, il faut s’agenouiller et communiquer à travers une fenêtre de 40 cm². Ce soir là, avec Luc, on a décidé d’essayer les cigarettes les moins chers. C’est une technique qui avait relativement bien fonctionné en Chine (bien que chaque pote a qui je les ai faites goûter ait failli vomir) mais moi ça m’allait bien… On va donc pour des « Saint-Georges » à 22 roubles, soit 50 centimes d’euros à peu près. Ce sera la dernière fois que nous en achetons.

Suite de quoi nous nous sommes fait traîner (sans trop de peine) dans un Coyote Ugly. Musique autant moisie qu’en club, des meufs partout, comme en club, sauf que les boissons sont plus chers… Donc pas une expérience inoubliable mais une bonne soirée tout de même. Lorsqu’on arrive à l’auberge avec Luc (avec qui on a couché tout le monde…), il est tard et il n’y a pas assez de lits. Qu’à cela ne tienne, on est trop ivre pour s’en soucier et on a dormi tout serré dans un petit lit.